France Travail : une légère augmentation des inscriptions au deuxième trimestre

Lea Richard · 28 juillet 2026 · 5 min read · 1035 words

Les inscriptions à France Travail remontent légèrement au deuxième trimestre. 📈 Cette hausse ne veut pas dire, à elle seule, que le marché de l’emploi repart dans le mauvais sens. Elle est aussi liée à des règles administratives, dont l’inscription automatique de nouveaux publics.

Pour toi, l’enjeu est simple : lire ces chiffres avec les bons repères. Sinon, le risque est de confondre hausse statistique et hausse “réelle” du chômage.

France Travail au deuxième trimestre : ce que disent les chiffres sur les inscriptions

En France (hors Mayotte), le nombre de personnes inscrites en catégorie A, sans aucune activité, augmente de 0,8%. Cela représente 3,32 millions de personnes. ⬆️

Trois mois plus tôt, cette même catégorie avait reculé de 1,2%. Le contraste attire l’œil, mais il ne raconte pas toute l’histoire.

Catégories A, B, C : pourquoi le total bouge aussi

Quand on ajoute les catégories B et C (personnes avec une activité réduite mais qui cherchent mieux), l’ensemble progresse de 1,3%. On atteint environ 5,8 millions d’inscrits. 📊

Concrètement, cela inclut par exemple un étudiant qui enchaîne des missions courtes. Il reste inscrit, car il vise plus d’heures ou un contrat plus stable. Ce détail change la lecture du “volume” global.

Pour visualiser les ordres de grandeur, voici un récapitulatif.

Indicateur 📌 Évolution trimestrielle 🔄 Niveau estimé 👥
Catégorie A (sans activité) 🧾 +0,8% ⬆️ 3,32 millions
Catégories A, B, C (total) 📚 +1,3% ⬆️ 5,8 millions
Données “corrigées” A 🛠️ -0,2% ⬇️ Lecture conjoncturelle
Données “corrigées” A, B, C 🧩 +0,4% ⬆️ Après retrait d’environ 20 000 inscrits

Inscriptions en hausse : l’effet des règles administratives à connaître

Depuis la loi “plein emploi” appliquée début 2025, certains publics sont inscrits automatiquement. Résultat : les séries statistiques sont moins faciles à comparer avec les années précédentes. ⚠️

Autre paramètre : depuis juin 2025, des personnes sanctionnées ne sont plus radiées comme avant. Cela modifie aussi le compteur, même si l’effet joue moins sur la comparaison d’un trimestre à l’autre.

Données corrigées : ce que la Dares veut que tu regardes

La Dares met en avant des chiffres corrigés, censés se rapprocher des anciennes séries. Selon cette lecture, la catégorie A baisse de 0,2% sur le trimestre. ✅

La baisse est toutefois bien plus faible qu’au trimestre précédent, où elle atteignait 2,4%. Autrement dit : ça ne s’effondre pas, mais ça ne s’améliore pas vite non plus. Le signal est donc plus “lent” que “brutal”.

Un économiste de l’OFCE, Eric Heyer, insiste sur un point : ces chiffres sont perturbés par des décisions administratives. Et ils peuvent contredire d’autres indicateurs, comme ceux du chômage au sens du BIT.

Chômage et emploi : pourquoi ces inscriptions ne suffisent pas à tout expliquer

Entre le premier trimestre 2023 et le premier trimestre 2026, le taux de chômage au sens du BIT passe de 7,1% à 8,1%. 📈 Ce mouvement va dans le sens d’un marché du travail plus tendu.

Dans les enquêtes de conjoncture, les entreprises signalent aussi une baisse du nombre de salariés. Alors, à quoi se fier ? À un faisceau d’indices, pas à un seul compteur. C’est le point clé.

Statistiques “perturbées” : pourquoi la labellisation a été suspendue

L’Autorité de la statistique publique a suspendu la labellisation des séries sur les demandeurs d’emploi depuis le 1er janvier 2025. Motif : les changements liés à la loi “plein emploi”. 🧾

En clair, les chiffres existent, mais leur comparaison dans le temps demande plus de précautions. Pour toi, ça évite de tirer des conclusions trop rapides sur ton secteur ou ta région.

Jeunes : la hausse des inscrits est plus forte, et ça change la lecture

Sur un an, la catégorie A augmente de 3,1%. Pour l’ensemble A, B, C, la hausse atteint 3,2%. 📌

Mais chez les jeunes, la progression est plus marquée : +5,9% en catégorie A, et +6,3% en A, B, C. Ça pèse dans l’ambiance générale, surtout à la sortie des diplômes.

Un fil conducteur : le cas de Samir, 22 ans, et l’inscription qui ne règle pas tout

Samir, 22 ans, sort d’un BTS et enchaîne des petits contrats. Il s’inscrit pour viser un CDI, mais il bascule vite entre missions et périodes sans activité. 🎓

Sur le papier, il devient “un inscrit de plus”. Dans la réalité, il a surtout besoin d’un cap : cibler un métier, un rythme, et une formation courte si nécessaire. Le chiffre ne dit pas ce niveau de détail.

Accompagnement France Travail : quand l’orientation ne colle pas aux besoins

Des demandeurs d’emploi et des conseillers décrivent un accompagnement parfois peu adapté. Ce décalage ressort davantage depuis l’arrivée de nouveaux publics, comme certains allocataires du RSA. 🧩

Quand l’objectif prioritaire est social, l’emploi n’est pas “refusé”. Il est juste bloqué par des obstacles concrets. Et ça, c’est un changement de regard utile.

Freins à l’emploi : les obstacles les plus fréquents repérés sur le terrain

Selon l’analyse relayée par Eric Heyer, l’inscription automatique montre que beaucoup de personnes veulent travailler. Elles font face à des freins qui se cumulent. 🔎

Dernier indicateur à surveiller : la durée d’inscription. La part des personnes en catégories A, B, C inscrites depuis un an ou plus grimpe à 46,5%, contre 43,7% un an plus tôt. ⏳ Cela signale un risque de chômage qui s’installe.

Entretien d’orientation et parcours social : ce que montrent les dernières tendances

Les nouveaux inscrits en attente d’entretien, classés provisoirement en catégorie G, diminuent à 447 700 sur le trimestre. C’est un signal de désengorgement. ✅

En parallèle, le nombre de personnes orientées vers un parcours social augmente à 540 600. Cela confirme que beaucoup de situations demandent d’abord de lever des blocages avant de viser un contrat.